OM MANE PADME HUM




LE MANTRA DE COMPASSION UNIVERSELLE

PAR LAMA CHIME RIGDZIN



LE MANI, LE MANTRA TIBÉTAIN DES SIX SYLLABES



Par les paroles suivantes, Lama Dilgo Khyentsé Rinpoché, Maître Rigdzin de la tradition Nyingma, disparu en 1991, vantait les mérites inhérents à la récitation quotidienne du MANI


"Ne poursuivez pas l'objet de votre haine, regardez votre esprit en colère. La colère en naissant, se libère, claire et vide.

Et cette claire vacuité n'est autre que la sagesse pareille au miroir.

Dans la libération de la haine, récitez les six syllabes. »


Lama Dilgo Khyentse Rinpoche's broad smile, Seattle, Washington, USA 1976. Licence :  Creative Commons Attribution 2.0 Generic


Connu aussi sous le nom de MANI ou mantra des six syllabes, ce mantra est certainement le plus récité et il est le plus souvent le premier à être enseigné au nouveau pratiquant.


Malheureusement nombreux sont ceux qui le récitent plusieurs centaines de fois par jour, sans forcément connaître sa signification profonde.


Sa Sainteté le Dalaï-Lama s’exprimait ainsi dans son explication du MANI


« C'est fort bien de réciter le mantra OM MANI PÉMÉ HOUNG mais tandis qu'on le récite, encore faut-il penser à sa signification, car la portée de ces paroles est vaste et profonde. »


La première syllabe, souvent orthographiée OM mais qu’il faut en fait écrire, comprendre et prononcer AUM, est formée des trois lettres A, U et M qui symbolisent

 respectivement le corps, la parole, l’esprit.

Le corps, la parole et l’esprit ordinaires du pratiquant, mais aussi le corps, la parole, l’esprit purs et glorieux d’un Bouddha.

Quand on n’est pas familiarisé avec la pensée bouddhiste, on peut être amené à penser qu’il y a un tel gouffre entre l’être ordinaire et le Bouddha qu’il est impossible que corps, parole et esprit de l’un puissent devenir corps, parole et esprit de l’autre.

Quand on est familiarisé avec l’approche bouddhiste, on sait que tous les êtres aujourd’hui réalisés, tous les Bouddhas de ce temps et des temps passés, ont été à une époque parfois très lointaine, parfois beaucoup plus proche qu’on peut l’imaginer, des êtres semblables à nous.

Les quatre syllabes suivantes nous éclairent sur les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.



Les deuxième et troisièmes syllabes, MA et NI, forment le mot MANI signifiant joyau. Elles symbolisent les moyens de la méthode, les outils, qui sont la compassion et l’amour, manifestés dans l'intention altruiste de devenir illuminé pour le plus grand bien de tout et de tous.

Tout comme le joyau peut symboliser la richesse parce qu’il est capable d'éloigner la pauvreté et l’indigence, de même l'esprit altruiste d'Éveil, la Boddhicitta, est capable d'écarter les difficultés de l'existence cyclique, le Samsara.

Pareillement, tout comme le joyau exauce les désirs des êtres sensibles, l'intention altruiste d’atteindre l’Éveil accomplit les souhaits des mêmes êtres sensibles.


Le MANI symbolise donc la compassion, moyen d'action de la Boddhicitta, complétée par les quatre incommensurables, amour inconditionnel, joie empathique, compassion infinie, équanimité impartiale.




Les deux syllabes suivantes, les quatrième et cinquième, PE et ME, forment le mot PÉMÉ ou PADMÉ ou PEMA signifiant lotus. Le lotus symbole de pureté mais aussi et surtout de sagesse.

Le lotus est symbole de pureté parce qu’il sublime la matière. Fleur magnifique flottant sur les eaux, le lotus plonge ses racines dans la vase, le limon, matière en fermentation mais source de vie et d’énergie.

Le lotus est aussi symbole de sagesse parce que la pure fleur issue de la boue représente une situation contradictoire, de même que la sagesse est une arme parfaite dans un contexte imparfait, disponible dans un monde imparfait, pour pratiquer la pureté du Dharma dans un monde, le Samsara, voué à la souffrance.

MANI, le joyau, symbole de la sagesse de la compassion. PEMA, le lotus, symbole de la sagesse de la vacuité.

Il y a plusieurs sagesses, ou plusieurs niveaux de sagesse

- La sagesse qui réalise l'impermanence, c’est à dire qui nous fait prendre conscience de la fragilité de toutes choses, à commencer par notre propre vie, si ténue et si précaire et qui peut s’arrêter à tout instant

- La sagesse qui réalise la vacuité du soi, la sagesse qui réalise « l’absence totale d’ego » ou « désintéressement personnel », l’individu n’a pas d’existence propre, substantielle et délimitée, il est en fusion avec le tout (enseignement Vipashyana, la vision pénétrante, du Hinayana)

- La sagesse qui réalise la non-dualité, l’absence d’existence propre des phénomènes matériels, et de tous les phénomènes subtils, matière et énergie, et toutes les formes de conscience, eux aussi en fusion avec le Tout (enseignement Vipashyana du Mahayana)

- La sagesse qui réalise la vacuité de l'existence inhérente, une vacuité qui n’est pas le néant, qui n’est pas le vide, une compréhension dénuée de toute limitation descriptive, claire lumière, ainsité et Rigpa, matrice universelle sans limite de temps ni d’espace (enseignement Vipashyana du Vajrayana).

Bien qu'il y ait différentes sortes de sagesse, la principale d'entre elles est celle qui réalise la vacuité de l’existence inhérente.


PEMA, le lotus, représente donc la sagesse ultime de la vacuité absolue.



La sixième et dernière syllabe, HOUNG, l’esprit, symbolise aussi la pureté ultime.

La pureté, la perfection, s’obtiennent par les pratiques qui forment la méthode, les moyens habiles, la COMPASSION, fusionnés avec la sagesse de la vacuité, la VACUITE, dans une unité insécable (qui ne peut être altérée ou rompue d’aucune façon). Symbolisée par la syllabe sixième et finale HOUNG, ou HÛM, qui traduit l'indivisibilité.


HOUNG est la syllabe germe d’Ashkobya, un des cinq Dhyanis Bouddhas, les Bouddhas conquérants, les Bouddhas de Sagesse, immuable, inaltérable, non fluctuante, qui ne peut être en rien perturbée.


Pour résumer, les six syllabes AUM MANI PEME HOUNG signifient qu’en suivant une voie, pratique méditative et conscience de chaque instant, fusion de la méthode et de la sagesse, de la COMPASSION et de la VACUITE, le méditant peut transformer ses corps, parole, esprit en corps, parole, esprit d’un Bouddha. Et ainsi atteindre l’Éveil.



Comme le disait Maitreya :


« Nous avons en nous-mêmes le germe de la pureté, l'essence de Celui Qui S'en Est Ainsi Allé (Tathâgatagarbha), qui doit être transformé et pleinement développé en bouddhéité ».


Ce qui signifie qu’en nous se trouvent tous les matériaux et les outils nécessaires au plein épanouissement.

Nul besoin d’un apport extérieur.



LE MANI ET LES QUATRE TRANSMISSIONS DE POUVOIR, 

LE MANI EXPRESSION DE CHENREZIG



https://gem-3910432.netMantra Om Mane Peme Houng Hri par Lhassa Strada


Chenrezig, Avalokiteshvara en sanscrit, est le Bouddha de la compassion.


Quand il est représenté doté de onze têtes et de mille bras, il symbolise la compassion infinie, avec onze têtes et onze paires d’yeux pour voir toutes les manifestations de souffrance dans le monde entier, avec mille bras pour embrasser chaque être sensible en proie à la souffrance.

Chenrezig est aussi souvent représenté dans la position du lotus, doté de deux paires de bras.

Une paire de bras réunis devant la poitrine tiennent un joyau, le MANI que l’on retrouve dans le mantra AUM MANI PEME HOUNG.


La main gauche de l’autre paire de bras tient un lotus dressé, PEME que l’on retrouve également dans le mantra.


La main droite tient en symétrie de celle qui tient le lotus un mala, un chapelet tibétain formé de 108 perles et d’une perle supplémentaire symbolisant le mont Mérou ou mont Kailash, centre de l’Univers.


Ce mala est parfois représenté sous la forme d’un huit, symbole de l’infini. Ce mala est tout simplement la représentation d’Akshobya dont on sait maintenant qu’il représente l’esprit, la lettre germe HOUNG.


AUM, le corps, la parole, l’esprit du pratiquant qui deviendront par la pratique corps, parole, esprit, purs d’un Bouddha,


MANI, le joyau symbole de la richesse et de l’esprit d’Éveil, la COMPASSION,


PEME, le lotus symbole de pureté et surtout de sagesse, la sagesse de la VACUITE,


HOUNG, l’esprit, immuable, la pureté.


AUM MANI PEME HOUNG, la pureté unie à la sagesse et qui permet d’atteindre l’Éveil.


MANI et PEME sont aussi les symboles ramenant à Chenrezig, et qui peuvent se résumer en HA, le souffle de Chenrezig qui répand la bénédiction de sa compassion sur tous les êtres sensibles.

AUM MANI PEME HOUNG, le mantra de Chenrezig, peut aussi se comprendre AUM HA HOUNG, la transmission du pouvoir, le Guru Yoga, qui permet la fusion du méditant avec la Déité et encore une fois la transformation des corps, parole, esprit du méditant en corps, parole, esprit du Bouddha.


Pour encore plus d’efficacité, on ajoutera au mantra la syllabe germe HRI, associée à Chenrezig, et le MANI se prononcera alors AUM MANI PEME HOUNG HRI.

La transmission des quatre pouvoirs sera alors complète.



ART SACREE TIBETAIN



Les Thangkas sont des oeuvres sacrées du bouddhisme tibétain et représentent mandalas, mantras ou déités.

En plus de leur rôle décoratif, ils sont surtout utilisés dans un usage sacré, comme support de méditation ou pour protéger un habitat. 


Ici réalisé par Lhassa Strada, ce Thangka représente le Mantra AUM MANI PEME HOUNG HRI, avec en son centre un double Dorje. 




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